Transmissions

En ayant mon premier enfant il y a quelques mois, j’ai découvert autant de façons d'aborder la maternité que de mères... Alors même qu’il s’agit du sujet le plus universel qui soit. Cette première fête des mères pour moi est l’occasion de raconter, en mots et en images, les premiers pas de cette nouvelle vie. Mais aussi d’inviter d’autres femmes à partager leurs histoires de transmission, de lâcher prise et d'instincts (plus ou moins) maternels. Jeanne Damas

Jeanne

Jeanne

La naissance d’un enfant est aussi celle d’une mère - et ce rôle n’est pas aussi inné qu’on veut nous le faire croire. En fait, la naissance d’un enfant, c’est comme une rencontre : il peut y avoir un coup de foudre mais ça peut aussi prendre du temps pour s’aimer, s’apprivoiser, se connaître.

J’aurais aimé, au lieu de me concentrer uniquement sur l’accouchement, être plus préparée à l’après et au post-partum. En tant que cheffe d’entreprise, j’ai eu une énorme pression à vouloir reprendre vite. Je ne me sentais ni vraiment dans le travail, ni vraiment avec mon enfant.

La question de la transmission est également importante. J’aimerais lui transmettre la bienveillance, l’écoute de soi et de l’autre, l’empathie. J’ai conscience que mon enfant est un être à part entière et ne m’appartient pas.

J’ai envie qu’il soit libre d’être lui-même (sans les bagages de sa famille) et crée son propre chemin à côté de nous. C’est très important cette notion pour moi, la fusion n’est jamais quelque chose de très sain. J’ai autant de choses à lui apprendre qu’il en a à m’apprendre.

Chloé

Mon endométriose a été diagnostiquée à 20 ans. Après ce jour, je me suis dit qu’il fallait que je fasse un enfant tôt, alors même c’est difficile de nos jours, en termes de carrière, de moyens financiers. Mais c’était là, comme un « stress » dont je me serais bien passé. Je suis tombée enceinte par hasard, au pire moment. Ce n’était pas voulu, et très compliqué à accepter.

C’est comme si c’était elle qui avait choisi d’arriver à ce moment-là. Ma mère m’a dit « Moi, à ton âge – 30 ans – je n’y arrivais plus – à tomber enceinte. » Alors même si c’était pas le meilleur moment, je me suis dit : je fonce !

J’ai toujours rêvé d’avoir un enfant, d’aussi loin que je me rappelle. Pour autant, je n’ai jamais réalisé à quel point c’était dur de s’occuper d’un petit humain. Je me suis sentie assez seule, assez isolée. Grèves puis confinement n’ont pas aidé. J’ai trouvé la première année très difficile.

Je n’ai pas honte de dire que j’ai souffert d’une dépression post-partum. J’ai appris à connaître ma fille au fil des mois, notre complicité est née, l’amour grandit avec le temps. Et depuis oui, c’est toute ma vie, c’est fou d’avoir autant d’amour pour quelqu’un.

Chloé

"J’ai appris à connaître ma fille au fil des mois, l’amour grandit avec le temps."

Nina

Nina

C’est une sacrée claque d’apprendre qu’on a un cancer agressif à 30 ans, de se rendre compte qu’on n’est pas intouchable. Je m’attendais aux nuits difficiles, aux moments de doute, mais la principale difficulté que je rencontre c’est en ce moment même : un sentiment de culpabilité m’habite et aussi la peur de les quitter.

J'ai tellement l’impression de perdre des moments précieux avec mes enfants à cause des douleurs et de cette fatigue intense qui me clouent souvent au lit.

Mon fils m’a choisi pour être sa maman à l’aube de mes 20 ans, il y a 12 ans. À l’époque, pas facile de voir ses copines vivre leur meilleure vie alors que toi tu as la responsabilité d’accompagner un petit être humain au quotidien. Mais je ne me suis jamais sentie aussi fière qu’en étant la mère de cet enfant merveilleux.

Tous les jours je m’efforce de transmettre à mes enfants la valeur du respect. Respecter les autres et se respecter soi-même. Je veux qu’ils arrivent à s’écouter, à faire ce qu’ils désirent et dire non sans culpabiliser mais aussi à être fiers d’eux-mêmes.

Amélie

Shéérazade est née à 26 semaines et un jour. Si fragile et forte à la fois, avec ses 880g et 34 cm, à tenir pour faire battre son cœur, une minute après l'autre. Des jours à espérer plus fort que tout que la vie gagne. Certains effroyablement tristes où on la voyait partir.

Ces jours-là, surtout ceux des 7 semaines de réanimation, c'étaient les jours les plus durs et les plus extraordinaires de notre vie. J’ai ressenti un instinct profondément ancré en moi. Puissant, venant de je ne sais où, qui m'a donné une force indestructible dans les moments les plus sombres.

Mon amoureux Hamza a été un vrai pilier, on a tout vécu à deux. Sans lui je n'y serais pas arrivée. Le soutien de mes proches, ma famille, mes amis m'ont beaucoup aidé. Les réseaux sociaux, aussi : on a reçu énormément de messages de soutien dans ces moments vraiment incertains.

A l'hôpital, Hamza accrochait au mur chaque message qu'on recevait. A la fin, le mur était entièrement recouvert... du sol au plafond. J'ai tout gardé pour les montrer un jour à Shéérazade.

Amélie

"Aujourd’hui, je n'arrête pas de clamer "Allez l'Amour" à tout va."

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